OneShot Influence

Influence – Nouvelle édition OneShot

Notre 5ème édition OneShot est arrivée ! Nous espérons que vous apprécierez la lecture de ce vaste thème, si profondément ancré dans notre vie quotidienne.

Alors, qu’avez-vous appris de la crise ? Beaucoup témoignent de l’ironie de la distanciation sociale, renforçant les liens et la communication entre collègues. Au cœur de cette nouvelle dynamique, les relations numériques se sont intensifiées, et la technologie digitale a joué un rôle très important.

La crise sanitaire et économique nous oblige à nous concentrer sur l’avenir immédiat. Néanmoins, les marques ne doivent pas perdre de vue les autres changements de la société. L’ancien pouvoir – aucune entreprise ne survivra si elle repose uniquement sur les valeurs de l’ancien pouvoir : une gouvernance formelle et centralisée, un état d’esprit opaque, un élitisme des experts. Les gens ne font plus confiance à l’autorité, le fondement des anciens pouvoirs. Ils veulent agir, participer et apprendre. Le nouveau pouvoir – exige que les marques se concentrent davantage sur des hiérarchies horizontales et une transparence totale.

Saviez-vous que juste après WhatsApp, TikTok est la deuxième application non-gaming la plus téléchargée au monde ? Et que par rapport à Instagram, le taux d’engagement est beaucoup plus élevé ? Avec des millions d’abonnés et une large base de fans, vous devriez absolument vérifier si votre public cible est sur TikTok.

Retrouvez tous ces sujets passionnants, et bien plus encore, dans notre dernière édition OneShot.


Comment redonner confiance, au temps des fake news ?

Un RDV avec François-Bernard Huyghe, géopolitologue, directeur de recherche à l’Iris, expert en influence et en désinformation.
Nous regardons comment le paysage des médias sociaux s’est assombri, au fil des scandales. Fake news, fake followers, fake influenceurs, deep fake… Des courants politiques, des entreprises et de simples individus luttent pour y diffuser leur représentation de la réalité et les conduites à suivre. Les points de vue les plus délirants – complotisme, platisme, anti-vaccination, et autres trolls – regroupent de petites communautés, très actives, dont l’impact est parfois destructeur. Quant aux technologies numériques, elles proposent un arsenal de désinformation très sophistiqué, en constante amélioration et toujours plus facile d’accès. Et la confiance, dans tout ça ?

Fake news, fake followers, fake influenceurs, deep fake… Comment en est-on arrivé là ?

François-Bernard Huyghe : Ces anglicismes sont récents et nombreux : j’en dénombre près de 60 dans mon essai consacré aux fake news (1). On les retrouve en journalisme, en politique, en géopolitique, et même dans la conversation courante : c’est donc une réalité ancrée aujourd’hui. Certes, le mensonge et la ruse sont d’usage fort ancien, mais c’est en 2016 qu’une panique générale s’est répandue, avec l’élection de Trump, le Brexit, le scandale Facebook – Cambridge Analytica, les élections en Catalogne, en Italie, etc. On a donc attribué un grand pouvoir politique à la diffusion de ces fake news – et autres « faits alternatifs » – sur les médias sociaux. Jusqu’à y voir une menace pour les démocraties, les médias et, in fine, pour la confiance, en tant que socle socioéconomique commun. Nous serions ainsi passés dans l’ère de la post-vérité. Et il est vrai que le contexte de la Covid-19 confirme ce point de vue : l’OMS parle même d’« infodémie », aux conséquences nocives.

 

Où en est la confiance dans les médias et réseaux sociaux ?

F.-B.H. : La confiance dans les réseaux sociaux s’est inversée : on est passé d’une conception, ou d’un mème, « les réseaux sociaux vont instaurer la démocratie partout », à « les réseaux sociaux plombent les démocraties ». On partait de l’idée que les réseaux sociaux libéraient une parole qui dérangeait les pouvoirs en place – ceux des gouvernements et des marques, notamment. Et cela devait conduire mécaniquement à des citoyens-consommateurs plus lucides, des politiques plus saines et des produits et services de meilleure qualité. C’est finalement l’opinion inverse qui s’est répandue. Dans le cas des marques, d’autres facteurs négatifs se sont ajoutés, comme le dieselgate, la fuite des données personnelles, leur exploitation mercantile, le rôle opaque de l’intelligence artificielle, les faux avis clients, les fermes à clics, etc.

 

Quelle est la conséquence de ces pratiques de désinformation sur le public ?

F.-B.H. : Les Gafam et les médias sociaux communiquent régulièrement sur les milliers de messages nocifs ou de fake news qu’ils suppriment. Il y a aussi l’intervention correctrice d’experts ou d’organismes de fact checking, comme AFP Factuel, financé en partie par Facebook, dont le nouveau rôle est « de démentir ce qui ne s’est pas passé ». Hélas, malgré ces démentis, ceux qui manipulent l’opinion savent bien qu’il restera toujours un doute. Comme le disait déjà Hannah Arendt, « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien… Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez ». Au final, le plus grave n’est pas telle ou telle fake news : c’est leur déferlement qui a un impact toxique sur les esprits. Les citoyens-consommateurs se retrouvent envahis par le doute, par l’incapacité de savoir et d’agir, ce qui mène à la frustration, voire à la colère. Regardez, aux États-Unis, comment Trump s’en est pris à Twitter, alors que le réseau social faisait son travail de modérateur : c’est le début d’un feuilleton sur la liberté d’exprimer tout et n’importe quoi, c’est-à-dire de désinformer impunément.

 

Quel type d’influence devient légitime aux yeux du public ?

F.-B.H. : On est passé d’une époque où les mass media adressaient un message standardisé à celle des leaders d’opinion prestigieux, et nous arrivons aujourd’hui – avec cette crise de confiance généralisée – à une forte légitimité des nano- et des micro-inflenceurs. Donc, au prestige et à l’autorité, on préfère désormais la proximité : les gens qui me parlent doivent être des gens comme moi. Eux et moi, nous devons nous trouver sur un pied d’égalité. D’où, aussi, une forme de repli sur soi. Le citoyen-consommateur est finalement pris entre l’individualisme et la tribalité. Car une tribu reste nécessaire pour se sentir valorisé dans ses choix et son identité. Par conséquent, les discours qui finissent souvent par s’imposer ne sont pas ceux des experts ou des autorités en place : ce sont plutôt les simples opinions ou les émotions crues de « vraies » personnes.

 

Comment rebâtir la confiance ?

F.-B.H. : Du côté des entreprises et des marques, il semble plus judicieux de créer des liens horizontaux et authentiques avec les consommateurs, plutôt que de tenter d’élaborer des messages descendants « à l’ancienne ». Cela passe probablement par l’humain, la proximité, le local, la transparence, la preuve, la personnalisation de la relation, et par des approches plus micro que macro. Mais, dans un contexte de relance économique, vont forcément se poser des questions autour de la relocalisation de la production, des vrais besoins versus le luxe et l’ostentatoire, du sens et des valeurs, du rôle social et écologique de l’entreprise, etc. Est-ce le moment pour certaines marques de prendre un virage éthique et de devenir des entreprises à mission ? Cela vaut la peine d’y réfléchir.

 

« Au prestige et à l’autorité, on préfère désormais la proximité. » FB. Huyghe

 

(1) Le terme fake news, en français « infox » ou « fausses nouvelles », désigne des informations mensongères diffusées dans le but de manipuler ou tromper le public.

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TikTok appuie sa position en Europe

Après avoir ouvert des bureaux à Paris et dans plusieurs autres capitales, l’appli chinoise TikTok a inauguré à Dublin un centre de sécurité et de protection des données. Une preuve d’engagement et de sérieux visant à renforcer ses « politiques, technologies et stratégies de modération tout en veillant à ce qu’elles soient adaptées à la culture et au contexte locaux ».

Les petites vidéos TikTok ne durent que quinze à soixante secondes et sont optimisées pour les smartphones. Ce miniformat – tout de suite approprié par les Gen Z – s’est immédiatement peuplé de vidéos décalées et spontanées. Pour l’heure, on est assez loin des images lisses et peaufinées de youtubeurs, superbement éclairés par leur Diva Ring. Oui, mais TikTok cartonne :

  • l’appli est la deuxième des plus téléchargées dans le monde, hors gaming, juste après WhatsApp;
  • la star française Léa Elui Ginet dépasse les 10 millions d’abonnés;
  • les taux d’engagement sont nettement supérieurs à Instagram – supérieurs à 8% ou 9% pour les micro-influenceurs;
  • près d’un tiers des utilisateurs mondiaux ont plus de 30 ans – TikTok n’est plus seulement le Vine des Gen Z !

Récemment, on pouvait reprocher à TikTok de ne pas intégrer d’outils d’analytics. Du coup, pas facile de mesurer l’impact d’un influenceur ou d’une campagne (TikTok Ads). Mais ces données sont désormais disponibles, et des outils tiers font leur apparition – Pentos, par exemple. La dynamique ROIste est donc lancée. On peut y faire des minisondages, et les trois principaux leviers d’influence et de viralité sont les hashtags, les posts et les songs. Avec une limitation qui peut s’avérer gênante : les textes n’étant pas cliquables, TikTok est une mer fermée dont on ne sort pas (ou pas encore). Même s’il est vrai que beaucoup de ses mèmes vidéo se retrouvent ensuite sur YouTube !

Cette notion de mèmes est centrale sur TikTok, puisque le format est en quelque sorte bridé. Tout l’intérêt – et toute la difficulté – étant de savoir les exploiter. Par exemple, si vous créez une séquence audio sur TikTok, tout le monde aura la possibilité de se filmer par-dessus, ce qui augmentera la visibilité de votre profil.

Les taux d’engagement de TikTok sont supérieurs à ceux d’Instagram.

TikTok Webhelp Influence« Pour les marques, l’un des enjeux est de comprendre la culture propre de TikTok. Elle s’exprime par des mèmes – effect, dance et song – dont la viralité peut être explosive. »
Chloé de Mont-Serrat, Senior Director Content Management & Moderation Services chez Webhelp

On l’aura compris, TikTok n’est pas une plateforme où l’argumentation tient une place centrale. Le texte est secondaire : ce qui compte, c’est le look, l’attitude, le fun et l’autodérision. D’où sa pertinence – mais aussi un risque – pour les marques de luxe, sport, vêtements, accessoires de mode, objets hightech, cosmétiques, décoration, véhicules urbains, voyage, alimentation, produits culturels, etc. Des millions de vues pourront être atteints en quelques jours, avec un minibudget. Alors, faut-il y aller, ou pas ? Une chose est certaine : si votre cible est sur TikTok, vous devez au moins regarder ce qui s’y passe et y analyser les tendances ! Allez jeter un œil aux hashtags sur TikTok cette semaine…


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#5 OneShot – L’Influence

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SOMMAIRE :

  1. Un Mot : KOL – Key Opinion Leader
  2. Un Chiffre : 10 000 abonnés et pas plus
  3. Trois Avis : L’influence : comment faire passer vos messages ?
  4. Une Info : TikTok appuie sa position en Europe
  5. Une Démo : Le dark social
  6. Un B-Case : Comment Webhelp KYC Services a participé à la sécurisation d’une plateforme créée par Bpifrance…
  7. Un Hashtag : #TrustYourInfluencer
  8. Une Offre : MyStudioFactory
  9. Un RDV : Conversation 2020, Paris
  10. Une Conversation : Comment redonner confiance au temps des fake news ?
  11. Une Histoire : Le père Noël, citoyen du Nouveau Monde
  12. Une Perspective : New normal : une position d’écoute active et bienveillante

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